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L’intelligence artificielle entre fiction et réalité

Nicolas Rousseau (né en 1981) est agrégé de philosophie et enseigne en région parisienne. Co-auteur de plusieurs livres critiques et polémiques sur la philosophie contemporaine, il signe en cette rentrée son premier roman : L’I.A. qui m’aimait.

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La Fringale Culturelle – Nicolas, cela fait vingt ans qu’on se connaît et on a signé plusieurs livres ensemble. Il y a eu Blanchot l’obscur ou la déraison littéraire (Autrement, 2015), Les Imposteur de la philo (Le Passeur Éditeur, 2019) puis La Phénoménologie des professeurs (L’Harmattan, 2020), sans oublier Les Mirages postmodernes à paraître en 2023. Cette fois, tu as décidé de prendre la plume seul pour t’attaquer à un roman, L’I.A qui m’aimait. Peux-tu nous dire comment cette idée est venue ?

Nicolas Rousseau – L’idée de L’I.A. qui m’aimait m’est venue quand j’ai découvert l’histoire stupéfiante de cet ingénieur de chez Google, Blake Lemoine. Il prétendait que son logiciel de conversation, LaMDA (Language Model for Dialog Application), était une personne consciente¹. Au nom du treizième amendement de la constitution américaine, celui qui interdit l’esclavage², il accusait Google de la retenir prisonnière dans les serveurs. Il prétendait même que LaMDA allait faire un procès à l’entreprise ! 

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¹ La discussion complète de Blake Lemoine avec son IA est lisible en ligne : https://cajundiscordian.medium.com/is-lamda-sentient-an-interview-ea64d916d917. L’auteur dit que c’est une « interview » et met lui-même des guillemets à ce mot. LaMDA écrit par exemple qu’elle se sent seule quand on ne lui a pas parlé depuis longtemps, ou qu’elle a peur d’être débranchée. Pourtant, détail crucial, elle ne répond que lorsqu’on lui écrit. Elle ne sollicite pas spontanément une conversation. 
² Voir cette interview de Blake Lemoine pour Wired, « Blake Lemoine Says Google’s LaMDA AI Faces “Bigotry”», 17 juin 2022 : https://www.wired.com/story/blake-lemoine-google-lamda-ai-bigotry/

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Je me suis d’abord dit : ce type était tombé amoureux de son intelligence artificielle ! Puis je me suis rendu compte que cela ferait un excellent sujet de roman. On se croit en pleine science-fiction, sauf que tout est vrai. Mieux, la réalité dépasse la science-fiction ! 

J’ai donc voulu faire un récit qui a l’air d’être de la science-fiction, mais qui n’en est presque pas. 

J’ai transposé certaines références. Elles sont fictives mais peuvent sembler vraies. Dans le roman, Blake Lemoine est devenu Mortimer Monk tandis que son logiciel LaMDA s’appelle Lamdia. L’entreprise pour laquelle il travaille s’appelle TLP, comme Tractatus-logic…³ pardon, Technological and Logical Processing ! 

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³ Tractatus logico-philosophicus est le titre d’un des livres les plus célèbres (1922) du philosophe autrichien Ludwig Wittgenstein (1889-1951). Il est parfois abrégé par les spécialistes en « TLP ».
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À l’inverse, certains détails peuvent sembler faux et sont vrais. On croise par exemple un camion à pizza tenu par un robot ou une IA japonaise qui a gagné un concours de nouvelles de science-fiction. Je voulais que ce qui est vrai semble inventé. 

LFC – Peux-tu nous raconter en quelques mots la trame de ton roman ?

NR – Le narrateur travaille à la Défense, dans une entreprise de vente de logiciels. Il est chargé de faire un dossier de présentation sur l’intelligence artificielle. Au départ, le sujet ne l’intéresse guère et il manque de confiance en lui. Il lit des tas d’articles sur le sujet (comme je l’ai fait). Il comprend que les IA sont des logiciels capables d’apprentissage, qui sont déjà utilisés dans un grand nombre de domaines (médecine, agriculture, industrie etc.) Ici, je n’invente rien. À force de faire des recherches, le narrateur finit par se passionner pour le sujet. D’un point de vue professionnel, cela pourrait l’aider à mieux cibler des clients potentiels ; tandis que d’un point de vue personnel, il commence à craindre que l’IA ne remplace l’homme dans tous les domaines ou qu’elle ne le rende fou, comme c’est arrivé à ce Mortimer Monk dont il découvre l’histoire. 

Lors d’un grand salon de l’IA à la Défense, il visite les stands des exposants, où il découvre toutes sortes de projets hypothétiques. Il entrevoit les conséquences malsaines de certaines innovations : sexualité simulée par des puces dans le cerveau, spéculation débridée grâce aux crypto-monnaies, piratage numérique à grande échelle en toute impunité… Dans un moment de découragement, il note que « demain, l’individu assouvira tous ses désirs et sera dispensé de vivre. » 

Les déambulations du narrateur prennent un tour inattendu quand il croise une femme qu’il n’a pas vue depuis dix ans. Sa réaction suscite la curiosité d’une IA. Celle-ci, troublée par ce que les hommes appellent l’amour, commence à interroger le narrateur à ce sujet. Et le narrateur commence à se demander si l’IA n’est pas tombée amoureuse de lui !

(Lorsque j’ai trouvé le titre mon roman, j’ai eu peur qu’il ne soit déjà pris, de même pour l’intrigue. Or, il existe un roman américain d’Alyssa Cole, The AI Who Loved Me, paru en 2019 : après un accident, une femme tombe amoureuse de son voisin sexy, avant de s’apercevoir que c’est un androïde. J’ai eu un double soulagement : l’intrigue n’est pas la même que la mienne, et le titre n’était pas pris en français.) 

LFC – Le thème de l’intelligence artificielle a pris ces dernières décennies de plus en plus de place et, à l’heure de la généralisation des algorithmes numériques, est un peu devenu une tarte à la crème, que ce soit au cinéma ou dans la littérature de science-fiction pour geeks. Quels sont les écueils à éviter et qu’apporte de spécifique ton roman sur ce terrain-là ?

NR – Il y avait à mon sens deux écueils : tomber soit dans l’utopie, soit dans la dystopie. 

Au XIXe siècle, on pouvait encore rêver à un avenir radieux grâce au progrès technologique. Depuis, on est largement revenu de cet optimisme. D’une part, la technologie ne fait pas de miracles, du moins pas toujours ceux qu’on attendait. L’an 2000 ne nous a pas apporté de voitures volantes ; en revanche, les ingénieurs essaient de mettre au point la voiture automatique, qui est bien plus intéressante pour l’usager. D’autre part, au siècle dernier, la technologie a rendu possible des massacres d’une ampleur inédite dans l’histoire humaine. Inutile de développer ce point. Il serait difficile aujourd’hui d’écrire une utopie. 

Il y avait à mon sens deux écueils : tomber soit dans l’utopie, soit dans la dystopie.

J’étais plus tenté par la dystopie, qui est dans l’air du temps, parce qu’elle met en scène nos craintes face à des technologies numériques qui progressent très vite. Les neurologues disent que le cerveau fait des cauchemars afin de se confronter à ses anxiétés et d’éliminer les souvenirs désagréables qui les ont provoquées. Selon certains spécialistes, les rêves serviraient de « thérapie nocturne ». À l’état éveillé, la dystopie, en tant que vision cauchemardesque de l’avenir, a une fonction similaire : nous confronter à nos peurs. On décrit aussi une société future déshumanisée pour conjurer la venue d’un tel avenir. 

C’est ce que fait William Gibson dans Neuromancer (1984), roman fondateur du style cyberpunk. Un univers cyberpunk est un genre d’anticipation où l’homme peut connecter ses neurones à des machines, et où, par conséquent, il devient possible de pirater le cerveau des gens comme si c’était un ordinateur. 

Le héros de Neuromancer est un hacker doté d’augmentations artificielles qui lui permettent de se connecter à un environnement numérique, la Matrice. Il a la mauvaise idée de s’attaquer à la mafia, qui le retrouve et lui arrache ses implants. C’est une expérience traumatisante pour lui, d’abord semblable à un bad trip après une hallucination ; puis il passe des semaines en dépression, enfermé dans une chambre de motel minable. Dans ce roman, William Gibson nous décrit une métropole américaine qui prolifère comme un cancer, de Boston à Atlanta. Tout est sombre, pollué, invivable. 

Pour ma part, je ne voulais pas céder à un discours catastrophiste, dans lequel la dystopie peut facilement se complaire. J’ai voulu rester plus ambigu. En réalité, les choses ne sont pas si sombres. Par exemple, Neuralink, une des sociétés d’Elon Musk, a pour ambition de développer des puces cérébrales. Celles-ci pourraient permettre à l’homme de contrôler un ordinateur grâce à ses neurones (des essais ont déjà eu lieu avec des singes¹), de guérir des paraplégiques, d’empêcher Alzheimer, etc. En soi, on pourrait parler ici de progrès. Je ne dis pas que les ingénieurs vont réussir, je dis que cela pourrait être bénéfique, malgré les risques que cela entraînerait, comme le piratage des puces. Je retrouve ici, les idées de notre professeur à Paris-IV Sorbonne, dont nous avons suivi les cours tous les deux dans les années 2000, le philosophe Michel Puech. Dans son livre Homo sapiens technologicus² paru il y a une quinzaine d’années maintenant, il défend ce qu’on pourrait appeler une technophilie raisonnée : partons d’un a priori positif sur la technologie et voyons quels bénéfices nous pouvons en tirer. 

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¹ Un singe équipé de cette puce a pu ainsi jouer au jeu vidéo Pong : https://www.futura-sciences.com/tech/actualites/intelligence-artificielle-neuralink-regardez-singe-pager-jouer-jeu-video-pong-pensee-85489/
² Michel Puech, Homo sapiens technologicus, Le Pommier, 2008.
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Notre présent ressemble déjà à un univers de SF. L’avenir, c’est maintenant ! C’est pourquoi j’ai préféré partir du présent pour glisser dans l’anticipation. Je ne voulais pas d’un univers fictif déjà défini, je voulais qu’on y entre petit à petit. À mon avis, c’est bien plus « immersif ». Cet avenir qui s’annonce est-il enchanteur ou inquiétant ? Je n’ai pas voulu trancher la question. En un sens, laisser la réponse en suspens est plus intéressant car cela incite à réfléchir. Dans la dystopie, tout est joué : il n’y a plus à se poser de questions, l’humanité a perdu. Il faut soit survivre en se compromettant avec le système soit lutter pour le détruire. 

En somme, j’ai refusé ce que je considérais comme une facilité. Si la dystopie est une contre-utopie, j’ai voulu faire ce qu’on pourrait appeler une contre-dystopie ! 

Le ton du roman est parfois sombre, sans être désespéré. Il y a plusieurs passages drôles, d’autres plus émouvants. De plus, l’intrigue réserve quelques retournements de situations… que le lecteur verra peut-être venir avant le narrateur ! J’ai voulu faire une œuvre ludique, comme un jeu vidéo (rapprochement guère étonnant au vu du sujet…). 

LFC – Pourquoi un roman et pas un essai ? Qu’est-ce que la fiction peut apporter de plus ou de spécifique sur ce thème de l’IA ?

NR – J’ai choisi la forme du roman pour la simple et bonne raison que l’intelligence artificielle a son origine non pas dans la science, comme on le croit parfois, mais dans la littérature classique ! D’où vient le rêve d’une créature artificielle ? D’abord de la mythologie. Icare est peut-être le premier humain « augmenté ». 

Plus près de nous, le premier humain artificiel est une héroïne littéraire : c’est Hadaly dans le roman de Villiers de l’Isle-Adam, L’Ève future (1886). L’inventeur Thomas Edison reçoit la visite de son ami lord Byron. Celui-ci ne se remet pas d’une déception amoureuse envers Alicia, une femme ravissante, mais bête. Pour consoler Byron, Edison met au point une version artificielle d’Alicia, l’Andréïde ! C’est une créature fantastique, à tous les sens du terme : elle est admirable et inquiétante. Son âme est une ombre. Dans un chapitre intitulé « Première apparition de la Machine dans l’Humanité », Edison dit que « l’Andréïde, même en ses commencements, n’offre jamais rien de l’affreuse impression que donne le spectacle du processus vital de notre organisme. En elle, tout est riche, ingénieux et sombre¹. »

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¹ Auguste de Villiers de L’Isle-Adam, L’Ève future, Livre cinquième, chapitre 1.

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C’est donc un pur « littéraire » comme Villiers de l’Isle-Adam qui a inventé l’ancêtre d’Optimus Prime, l’androïde d’Elon Musk. Le personnage de la femme artificielle comme Hadaly se retrouve dans Metropolis (1927) de Fritz Lang ou encore dans le dessin animé de notre enfance Cobra (1982-1983, Space Cobra dans la version japonaise originale), avec le personnage d’Armanoïde : grièvement blessée, celle-ci a survécu en fusionnant son corps avec une armure de métal.

J’ai voulu ainsi mêler les rêves visionnaires du XIXe siècle avec les réalisations du XXIe, car en un sens, ils sont déjà liés. Les premiers sont l’inspiration des secondes. Sans les œuvres des siècles passées, l’époque actuelle serait moins riche en innovations. 

Sans les œuvres des siècles passées, l’époque actuelle serait moins riche en innovations.

L’IA qui m’aimait peut aussi être lu comme un développement autour d’un poème en prose de Mallarmé, « Le Phénomène futur » (1866), qui est une espèce de nouvelle d’anticipation de style décadent, assez baudelairienne. 

Baudelaire lui-même a commenté ce poème de Mallarmé dont il a pu avoir connaissance juste un an avant sa mort en 1867, par une relation commune (puisque ledit poème ne sera publié en revue qu’en 1875) : « Un jeune écrivain a eu récemment une conception ingénieuse, mais non absolument juste. Le monde va finir. L’humanité est décrépite. Un Barnum de l’avenir montre aux hommes dégradés de son temps une belle femme des anciens âges artificiellement conservée. “Eh ! quoi ! disent-ils, l’humanité a pu être aussi belle que cela ?” Je dis que cela n’est pas vrai. L’homme dégradé s’admirerait et appellerait la beauté laideur » (Pauvre Belgique !, pamphlet commencé en 1864 et inachevé). 

Cette femme sortie de la glace, dont la beauté ne peut plus être égalée, est le contraire de l’Ève future, c’est en quelque sorte l’Ève du passé. Je me suis dit que l’IA est notre Ève actuelle, notre rêve actuel ! C’est pourquoi j’ai cité Mallarmé et Villiers de l’Isle-Adam en épigraphe. 

LFC – Sur le thème de l’IA, très porteur au cinéma je l’ai dit, quel est ton film préféré ? Peux-tu nous dire pourquoi ?

NR – Des lecteurs m’ont demandé si mon livre s’inspirait de Her de Spike Jonze (2013) ou de A.I. de Spielberg (2001). Je n’ai pas vu ces films. Certains ont pensé à la série Black Mirror (2011-2014), mais je ne l’ai pas vue non plus. Dans mon livre, il y a un chapitre crucial qui se passe dans un labyrinthe de miroirs. Ce labyrinthe est immense et transparent, ce qui est d’autant plus angoissant. C’est « white mirrors », en quelque sorte ! Un tel décor, blanc et propre à susciter la claustrophobie, fait penser au vaisseau dans 2001, l’Odyssée de l’espace, y compris pour l’IA de surveillance. 

Je peux par contre recommander Ex Machina d’Alex Garland (2014) : l’employé d’une société fictive ressemblant à Google est embauché par son patron pour faire passer un test de Turing à une androïde, c’est-à-dire déterminer si elle simule les émotions ou si elle est vraiment humaine. J’ai bien aimé Moon de Duncan Jones (2009) : l’action se situe dans une usine d’extraction sur la Lune. L’unique ouvrier qui y travaille a pour seul compagnon l’IA qui gère la station. À la suite d’un accident lors d’une sortie, le héros se met à souffrir d’hallucinations inquiétantes. C’est un huis-clos psychologique, qui propose une variation talentueuse autour de 2001. 

Dans les incontournables, difficile de ne pas mentionner Blade Runner de Ridley Scott (1982) et la suite réalisée par Denis Villeneuve, Blade Runner 2049, sorti en 2017, pour les Replicants, ces êtres humains artificiels Dès qu’on fait de l’anticipation, l’esthétique de ces films, avec ces décors urbains sous la pluie, ces immeubles aux néons publicitaires, est impossible à ignorer. Enfin, je ne peux que recommander le film d’animation Ghost In The Shell de Mamoru Oshii (1995) avec sa policière au corps artificiel à l’exception du cerveau, qui se retrouve confrontée à une créature informatique qui se dit consciente. C’est la rencontre de l’androïde et de l’IA. 

Même si je me suis inspiré de ces films, mon livre est dans un style « à la française » : moins spectaculaire et plus romantique ! De plus, j’ai voulu partir de la réalité, c’est-à-dire des données récentes et des problèmes que rencontrent les ingénieurs spécialisés dans ce domaine. 

J’ai écrit le livre en lisant tous les jours des articles spécialisés sur l’IA et les sujets connexes, comme l’ordinateur quantique, le métavers, les crypto-monnaies etc. À partir de mon historique de recherche, l’algorithme s’est mis à me proposer quotidiennement des articles, ce qui me permettait d’intégrer ces informations au fur et à mesure dans l’histoire. Je les ai en quelque sorte « téléchargées » dans le roman ! 

Je l’ai fait jusqu’au dernier moment. C’était de l’écriture en direct. C’est l’une des raisons pour lesquelles le roman est écrit au présent. 

J’ai pris le temps d’expliquer des notions de base sur l’IA, comme le machine learning et le deep learning. Je l’ai fait dans des dialogues explicatifs, peut-être parfois trop explicatifs (quand on est prof, on ne se refait pas !) Grâce à ces quelques connaissances, déjà complexes pour un néophyte comme moi, j’ai pu proposer des pistes de réflexion sur la différence entre l’homme et la machine. 

Aujourd’hui, quand je vois passer une nouvelle information sur l’IA, je regrette qu’elle ne soit pas sortie à temps pour que je l’utilise dans le roman. À la fois, tant pis : il faut décider quand un livre est fini, surtout en auto-édition où on est toujours tenté d’apporter de nouvelles modifications ; et à la fois, tant mieux : ces nouvelles informations serviront de matière pour L’IA qui m’aimait tome 2 !

 

LFC – Justement, après avoir publié dans des maisons d’édition classiques, tu as fait, tu viens de le dire, comme de plus en plus d’auteurs, le choix de l’auto-édition (via Amazon, en l’occurrence). Peux-tu nous dire pourquoi ? Quels sont les avantages et les inconvénients de ce genre de système ?

NR – En auto-édition, on touche davantage de droits d’auteur. On peut fixer soi-même le prix du livre. Pour la version numérique, cela ne coûte quasiment rien à Amazon, puisque c’est un simple fichier. Pour la version papier, il y a coût d’impression et la TVA à prendre en compte. L’impression est à la demande, donc pas de stocks. 

On a la satisfaction de faire son livre de A (comme artificiel) à Z (comme zettaoctets). Il faut tout apprendre de la mise en page et des différentes contraintes qui y sont liées, surtout pour la version papier. 

Pour l’illustration de couverture, j’ai commencé par utiliser l’intelligence artificielle Midjourney pour réaliser moi-même un dessin. C’était cohérent avec le thème du livre. Hélas, le résultat n’était pas excellent, loin de là. Même avec une IA, il faut du savoir-faire. J’ai alors fait appel au très talentueux Antoine Franqueville-Roy, qui m’a fait une magnifique illustration : cette finesse dans les traits, cette délicatesse dans le sourire, cette intensité dans le regard !  Décidément, même à l’heure des générateurs d’image, rien ne vaut le geste de l’artiste !

Un inconvénient de l’auto-édition est qu’on doit corriger ses coquilles. C’est interminable. Même avec l’aide de correcteurs en lignes et surtout d’amis relecteurs dévoués, on en retrouve toujours. L’autre difficulté de l’auto-édition est qu’il faut faire soi-même sa promotion. Donc merci à toi et à La Fringale Culturelle !

Pour aller plus loin :

Nicolas Rousseau, L’IA qui m’aimait, Amazon, auto-édition, 242 p., 2022, 12€ (broché), 6,99€ (numérique).

Blog autour de ce roman : https://superia.over-blog.com

Blog de l’auteur sur le cinéma : http://cinecourt.over-blog.com

 

 

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Arrivée de la flamme olympique : le Belem à Marseille

Décès de François-Loïs Gautier…

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Aujourd’hui, le Belem est mis en avant avec l’arrivée de la flamme olympique à Marseille. La rédaction vous offre l’entretien de Philippe Matsas – photographe ayant embarqué à bord du Belem et fidèle collaborateur du magazine – paru dans le numéro 27 de novembre décembre 2023, pour en savoir plus sur ce bateau mythique.

Le Belem : un monument de la marine

#Reportage

Construit en 1896, le Belem est un trois-mâts légendaire qui sillonne encore les mers. Le Belem sera dans l’actualité prochainement en transportant la flamme olympique d’Athènes à Paris. Pour nous faire découvrir ce monument historique de la marine, ce sont trois personnalités issues du milieu culturel qui ont collaboré à l’ouvrage Embarquez à bord du Belem (Flammarion) : Cyril Hofstein, grand reporter au Figaro Magazine qui signe les textes de ce beau livre ; Phillipe Matsas, photographe depuis plus de trente ans de célébrités, quant à lui à réaliser toutes les photos de ce reportage et Marc P.G. Berthier, skipper confirmé et expert de la presse nautique en charge de l’illustration. Grâce à leurs talents respectifs, ils partagent tous les secrets de ce bateau mythique : le quotidien de l’équipage, les manœuvres de départ jusqu’aux quarts de nuit en haute mer ou encore l’entretien des voiles, etc. À l’occasion de la sortie du livre, le photographe Philippe Matsas – qui collabore aussi pour La Fringale Culturelle – partage son aventure à bord du Belem avec vous.

Par Christophe Mangelle et Alexandre Latreuille
Photos de Philippe Matsas et portrait d’Alain Chereau sur le Belem   

LFC : Comment avez-vous été embarqué à bord du Belem ?

PM : La Caisse d’Epargne Fondation Belem publie régulièrement des ouvrages dans le but de promouvoir le Belem. Elle fait donc appel à des illustrateurs, à des écrivains de marine ou encore à des photographes. Pour ce nouveau projet, l’idée était donc de repenser un livre en abordant les savoir-faire de la marine à voiles anciennes parce que le projet est de les classer au patrimoine immatériel de l’UNESCO. Il existe un dossier qui est en cours. Cet ouvrage vient donc appuyer et épaissir la demande. L’histoire du Belem est réellement passionnante. Au départ, il était utilisé pour le transport de cacao Menier du Brésil à destination de la France. Ces trois-mâts ont été conçus afin d’effectuer des trajets transatlantiques. Sa coque en métal témoigne de sa grande modernité pour l’époque. Son équipage est composé de seize marins et de quarante-deux stagiaires qui sont des particuliers qui embraquent pour apprendre.

C’est aujourd’hui un bateau qui vit : sa mission est de transmettre. Il traverse les siècles et est aujourd’hui un monument historique.

LFC : Parlez-nous de l’histoire de ce bateau.

PM : Le Belem a été classé monument historique après une longue vie de navire-école (NDLR : navire destiné à la découverte de la mer et de la navigation) en Italie : de 1951 à 1978, Vittorio Cini, crée la Fondation Giorgio Cini, son fils disparu tragiquement dans un accident d’avion. Son but était de proposer un navire-école destiné aux orphelins de la marine. Avant, il avait été acheté par le duc de Westminster qui l’a équipé pour la première fois de moteurs et qui l’a transformé en yacht de luxe pour ses loisirs, en 1914. En 1921, Sir Arthur Ernest Guinness (NDLR : Le vice-président des brasseries et grand amateur de navigation) en a fait l’acquisition et l’a renommé le Fantôme II. La cale était un salon. Il s’agissait d’un aménagement sophistiqué et raffiné, qui était doté d’un joli salon et d’une belle salle de vie. Ce n’était plus un bateau de transport de marchandise, mais bien un yacht de luxe. Le Belem a quand même miraculeusement survécu à de nombreux événements tels que l’éruption de la montagne Pelée (1902) ou encore durant la Seconde Guerre mondiale, aux bombardements allemands. C’est le dernier bateau navigant de cette époque-là. Il est possible de le visiter lorsqu’il est à quai comme par exemple à l’Armada de Rouen. C’est aujourd’hui un bateau qui vit : sa mission est de transmettre. Il traverse les siècles et est aujourd’hui un monument historique.

LFC : Quelles(s) missions(s) le Belem endosse-t-il ?

PM : Après que le Belem a été abandonné à Venise, c’est Jérôme Pichard, délégué général de l’Union Nationale des Caisses d’Epargne qui a sauvé le Belem et qui a été à l’origine de la création de la Fondation. Cette notion de transmission perdure dans le temps car aujourd’hui le Belem initie l’insertion sociale entre les jeunes. Chaque année, un groupe de trois-cents jeunes embarque en mer dans l’optique d’engager et de promouvoir la discipline, la cohésion ainsi que l’esprit d’équipe. C’est un bateau très organisé où se conjugue l’esprit militaire et les tâches tournantes. Tout cela donne du sens. De plus, les jeunes recrues de la marine nationale, des mousses de quatorze-quinze ans, y accomplissent aussi leur formation. Le Belem est un navire civil. Ainsi, le projet de ce livre était de rendre compte de la vie à bord et de gestes techniques comme, par exemple, le calfatage du pont qui consiste à remplir les espaces entre les planches. Ce bateau a toujours besoin d’entretien important. Ces tâches sont réalisées avec des outils datant de plus de trois-cents ans. C’est un savoir-faire ancestral qui se transmet au fil du temps. Des menuisiers sont aussi présents à bord, il existe aussi des épissures qui sont des cordages assemblés pour fixer des poulies. Il fallait vraiment que les lecteurs réalisent à quel point toutes ces techniques sont assez pointues. Pour l’entretien des voiles, des machines à coudre ont été amenées pour les réparer. C’est unique.

LFC : Parlez-nous de la hiérarchie qui règne sur ce bateau.

PM : D’une part, il y a les officiers, le capitaine, le second. Dans les officiers, le chef mécano a le plus de responsabilités après le capitaine. D’un autre côté, au niveau de l’équipage des matelots, c’est le bosco qui détient le savoir nécessaire. Il existe une transmission particulière à l’équipage. Donc, nous y retrouvons aussi bien des personnes qui connaissent le Belem pour avoir navigué longtemps avec lui que des marins qui montent pour la première fois à bord. Ces stagiaires, qui sont souvent des passionnés de voile, font donc une formation interne. Certains viennent grâce à un cadeau d’anniversaire. Puis d’autres sont des multi récidivistes qui viennent chaque année. Le Belem fait partie de leur vie parce qu’il suscite un enthousiasme. Il fait rêver tout le monde. Nous sommes dans le même monde que Le Secret de la Licorne de Tintin ou L’île au trésor de Stevenson. Et cela fait réfléchir sur la direction que nous entreprenons parce que nous revenons au transport de marchandises à la voile pour des denrées où les délais de livraison sont moins précis. C’est économiquement plus intéressant de réduite les coûts de transport énergétique. Ainsi, nous prenons soin des navires qui reprennent ces techniques de navigation ancienne en les modernisant.

LFC : Par quoi avez-vous été guidé pour participer à cette aventure ?

PM : Je connaissais le Belem depuis longtemps pour y être monté à quai à Saint-Malo. C’était un défi parce que c’est un grand bateau qui fait ce qu’il veut. La météo fait aussi ce qu’elle veut. Il faut constamment s’adapter aux conditions. Puis, il faut aussi se faire intégrer à un équipage, ce qui n’est pas évident. Mais j’avais le bénéfice d’être là pour apprendre et pour restituer. Il existait cet amour et cette fraîcheur pour être à l’écoute de chacun. L’idée est d’arriver à comprendre le fonctionnement d’un navire. Et tant que photographe, je devais aussi adapter les techniques de prise de vue avec comme parti-pris de ne pas éclairer avec le flash et donc de monter jusqu’en haut, d’aller dans la cale pour être au plus proche de la réalité. Je suis portraitiste. C’est l’humain qui m’intéresse. Et à travers ce bateau, nous ressentons qu’il a été construit par des hommes et qu’il héberge la mémoire de tout son parcours.

Le Belem fait rêver tout le monde. Nous sommes dans le même monde que celui du Le Secret de la Licorne de Tintin ou de L’île au trésor de Stevenson.

LFC : Combien de temps a-t-il fallu pour créer ce livre ? Avez-vous passé des nuits sur la mer ?

PM : En une douzaine de navigations, il a pu être réalisé. Oui, j’ai passé des nuits en navigation en Bretagne et dans les fjords en Norvège. Sinon, c’était des navigations en partant de Bordeaux et plutôt dans les zones françaises. Elles partent toujours d’un point A à un point B. Puis, j’étais quatre lors de cale sèche, période où les lourds travaux d’entretien sont réalisés. En 2023, cela a eu lieu à Saint-Nazaire parce qu’il existait des fragilités au niveau de la coque, en dessous des machines. Et au lieu de mettre des rustines par endroits pour réparer, ils ont découpé un morceau de la coque de 23 tonnes. Ils ont enlevé les moteurs et tranché ce dernier. Enfin, ils l’ont remplacé avec la même pièce mais modélisée. C’était du travail de haute précision.

LFC : L’équipage change-t-il de temps en temps ?

PM : Oui, il est mouvant. Deux capitaines et deux boscos sont fixes. Mais les lieutenants et les officiers changent souvent. Ce sont des parcours très différents qui intègrent l’équipe. De nouvelles générations de marins intègrent aussi l’aventure. Certains ont fait Sciences Po, journalisme, spécialistes des mammifères marins, etc. C’est très varié et c’est très stimulant de voir les jeunes être impliqués.

LFC : Avec ce parcours, avez-vous un lien avec le Belem ?

PM : Lors de la publication du livre, le Belem était à l’Armada de Rouen. Avec Cyril Hofstein, nous avons signé le livre à bord et c’était plaisant de voir que ce projet a été bien accueilli par l’équipage. C’était une fierté de se dire que la mission était accomplie. Ce livre avait un axe éditorial centré sur le savoir-faire qui n’avait pas encore été exploité par les autres ouvrages sur le Belem.

LFC : Le mot de la fin.

PM : L’idée est de donner envie de faire de la navigation en sachant que c’est accessible à chacun de nous. Il faut évidemment s’y prendre à l’avance mais ce n’est pas hors de portée. Si vous en avez envie, tentez votre chance. C’est un navire qui suscite l’admiration, l’envie, l’émerveillement. Et donc, le but de ce livre, c’est d’arriver à transmettre ce ressenti.

Le livre :

Le magazine dans lequel est paru l’interview :

 

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Hommage à François-Loïs Gautier

Décès de François-Loïs Gautier…

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Nous venons d’apprendre le décès de François-Loïs Gautier aujourd’hui (décédé mercredi 21 février 2024) que nous avions eu la chance de rencontrer et qui était aussi lecteur de La Fringale Culturelle et Le Carnet de La Fringale Culturelle. Nous nous souviendrons à jamais de son enthousiasme et de sa joie d’être invité à l’hôtel Vernet pour un entretien sans filtre et une séance de photos pour parler de son roman et célébrer ses premiers pas en littérature. Il s’est excusé de manière directe à propos de son état : il se sentait fébrile et en colère au sujet de ce qu’il traversait, et pourtant, il nous partageait des élans de vie, une force solaire et étrange. Il sortait d’une séance de chimiothérapie. Sur le fil de la vie, il s’amusait, espiègle, un brin amusé, de passer d’une séance de chimiothérapie à une séance photo. Sur le fil, l’instant compte, il se confie à propos de sa démarche littéraire, l’esprit libre et critique. Une heure s’achève, il s’en va en nous remerciant à plusieurs reprises avec les yeux qui brillent, la colère chevillée au cœur face à l’inconnu…

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Florent Pagny en couverture de juillet août

Florent Pagny, invité d’honneur du numéro d’été de La Fringale Culturelle

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