
« Le vrai drame de Sofia, c’est d’avoir sacrifié le présent pour un futur qui ne vient jamais »
Vers le bas

Avec Camping (Éditions des Syrtes, traduit du roumain par Sylvain Audet-Găinar), Lavinia Braniste raconte les vingt années passées par Sofia dans un camping espagnol, entre caravane, réception et attente d'un retour en Roumanie qui ne cesse de se dérober. Nourri par l'expérience de sa propre mère, ce roman de l'exil ordinaire interroge le chez-soi, la langue qui trahit et les vies invisibles que la littérature raconte rarement.
Oui, je pense qu’on peut dire que c’est le cœur du livre. C’est un thème qui m’a beaucoup préoccupée dans mes précédents romans aussi : celui du logement, du chez-soi, d’une maison, d’un appartement – un thème locatif dont j’ai beaucoup parlé. J’ai écrit ce livre au moment où ma mère se préparait à retourner en Roumanie, après vingt ans passés en Espagne. Pendant dix de ces vingt années, elle a vécu dans un camping, dans une caravane. C’est un espace que j’ai bien connu moi aussi, un espace où j’ai pensé émigrer à un moment donné. Sofia, c’est l’expérience de ma mère, mais c’est aussi beaucoup de mes propres pensées.
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Le Carnet de La Fringale Culturelle n°177
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