« Je reste profondément convaincu que la France n’est pas un pays antisémite. »
Vers le bas

Après le succès de "J'ai perdu un bédouin dans Paris" (70 000 exemplaires), Arthur publie la suite, Même la nuit ne veut pas de moi (Grasset), un texte plus intime et plus sombre, mais porté par une sincérité profonde. Dans une émotion à fleur de peau, Arthur échange avec nous et pose un regard lucide et nécessaire, notamment sur la recrudescence de l’antisémitisme.
Oui, totalement. Le premier livre est celui du choc. Le second est celui de l’après-choc. Et parfois, l’après est encore plus violent que l’explosion initiale, parce qu’avec le temps, on comprend réellement ce qui est en train de se fissurer autour de nous. Quand j’ai écrit le premier texte, les otages étaient encore dans les tunnels à Gaza. Nous vivions suspendus aux informations, aux visages, aux listes de noms, dans une attente presque irréelle. J’espérais sincèrement que leur libération pourrait ouvrir un chemin vers un retour à l’humanité, à la décence, au silence de la douleur partagée. Mais c’est exactement l’inverse qui s’est produit. La haine s’est installée dans le débat public avec une brutalité sidérante. Elle est devenue visible, assumée, parfois même revendiquée. Ce qui m’a le plus bouleversé, ce n’est pas seulement sa violence, mais l’endroit d’où elle surgissait : des milieux culturels, artistiques, intellectuels ou médiatiques où je n’aurais jamais imaginé entendre certaines paroles, certains silences, certaines complaisances. C’est cela, au fond, que racontent ces deux livres. Le premier décrit le séisme. Le second raconte les répliques. Celles qui continuent longtemps après la catastrophe, quand les caméras se détournent, mais que les fractures, elles, ne cessent de s’agrandir.
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La Fringale Culturelle n°41 – Arthur, Anna Faris, Thomas Dutronc
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