Alors qu’elle a démarré sa tournée en France, d’abord à Lyon puis à Paris, l’artiste, grandement inspirée par l’art en général, a fait face à une situation embarrassante, qui démontre que la morale a définitivement investi les jeunes esprits.
Face à l’écrivaine Mariana Enriquez, femme de lettres argentine, l’artiste a déclaré être « amoureuse du travail » de Picasso. Figure picturale célèbre dans le monde entier, l’œuvre cubiste du maître se retrouve aujourd’hui au cœur d’un procès moral. En effet, à la question « faut-il séparer l’œuvre de l’artiste ? », Rosalia — avec laquelle on peut pourtant être d’accord — avait répondu : oui. Mais face au risque de backlash de sa communauté, la chanteuse a finalement considéré qu’elle s’était « trompée ». On le sait, Picasso n’était pas tendre envers ses compagnes, par ailleurs souvent ses inspiratrices. Rosalia a ainsi affirmé « condamner les abus ».
Ce n’est pas la première fois que la chanteuse fait face au mécontentement de ses admirateurs sur les réseaux sociaux. Déjà, lors de son silence face au conflit en Palestine, les internautes l’avaient jugée.
Mais admirer un génie, fut-il le plus abject dans sa personnalité, reviendrait-il à cautionner ses zones d’ombre ? La confusion est là. S’inspirer n’est pas absoudre. L’histoire de l’art repose sur des filiations complexes, souvent imparfaites. Exiger des artistes qu’ils ne citent que des figures moralement irréprochables reviendrait à assécher toute création.
Mais admirer un génie, fut-il le plus abject dans sa personnalité, reviendrait-il à cautionner ses zones d’ombre ? La confusion est là. S’inspirer n’est pas absoudre. L’histoire de l’art repose sur des filiations complexes, souvent imparfaites. Exiger des artistes qu’ils ne citent que des figures moralement irréprochables reviendrait à assécher toute création.
À vouloir purifier les références, on risque surtout de stériliser l’inspiration. Et de perdre ce qui fait pourtant la richesse même de la culture : sa complexité. Rosalia aurait dû tenir le cap. Dommage.
Photo de Philippe Matsas


