Édito de la semaine

 

L’histoire n’a jamais manqué de femmes remarquables.

8 mars 2026

Alexandre Latreuille

Rédacteur en chef
Le Carnet de La Fringale Culturelle

À chaque polémique sur la représentation des personnages historiques, la tentation de la réécriture — souvent hors contexte — revient sans cesse. Dernier exemple en date : à Glasgow, en février dernier, une pièce de théâtre de George Bernard Shaw montrait Jeanne d’Arc en… femme noire. Est-ce vraiment la bonne voie ?

Car l’histoire n’a jamais manqué de femmes remarquables. Ce qui a manqué, c’est la place qu’on leur a accordée dans le récit collectif.

Les exemples ne manquent pourtant pas. Olympe de Gouges en est une parfaite illustration. Autrice, en 1791, de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, pionnière du féminisme politique, elle fut guillotinée pendant la Révolution française. Pendant près de deux siècles pourtant, son nom resta dans l’ombre, balayé par le silence de l’oubli.

Plutôt que de transformer les figures déjà consacrées, il serait sans doute plus fécond de sortir de l’ombre celles qui ont réellement existé. La révolutionnaire Louise Michel, la socialiste Flora Tristan, la physicienne Émilie du Châtelet, ou encore la résistante et militante Joséphine Baker, entrée au Panthéon en 2023. Toutes ont contribué, chacune à leur manière, à l’histoire de France.

L’histoire n’a nul besoin d’être corrigée — c’est même tout le piège. Mais elle a besoin d’être complétée. Bien que ce mot sonne parfois faux, la diversité n’est pas une invention contemporaine. Elle est au cœur des archives qui déroulent notre histoire, avec ses bonnes surprises : toutes ces combattantes oubliées qui méritent de retrouver la lumière. Il suffit de tourner les pages et de les lire. Encore faut-il en avoir la volonté.

À lire dans ce numéro