En vraie surprise, la cérémonie des César 2026 s’est déroulée agréablement, jusqu’à ce moment — pourtant essentiel et très attendu — de l’hommage à feue l’actrice Brigitte Bardot.
Devant Jim Carrey, venu recevoir un César d’honneur, et tandis qu’il revêtait le costume culte porté par l’acteur dans The Mask, Benjamin Lavernhe a su habiter pleinement son rôle, tout en rendant hommage au cinéma… populaire. Son interprétation, reprenant plusieurs scènes devenues cultes du film (1994), était jubilatoire.
Dès l’ouverture, Benjamin Lavernhe, qui avait endossé le costume de maître de cérémonie, a lancé la soirée avec un dynamisme communicatif. Devant Jim Carrey, venu recevoir un César d’honneur, et tandis qu’il revêtait le costume culte porté par l’acteur dans The Mask, Benjamin Lavernhe a su habiter pleinement son rôle, tout en rendant hommage au cinéma… populaire. Son interprétation, reprenant plusieurs scènes devenues cultes du film (1994), était jubilatoire.
Dans l’ensemble, la soirée a tenu plusieurs belles promesses, à commencer — ô surprise ! — par celle de rendre hommage au cinéma et aux nombreux métiers qui composent l’industrie. On retiendra ce moment suspendu : le chanteur M, guitare en main, reprenant des musiques de films célèbres et populaires tels que Le Grand Blond avec une chaussure noire, tandis que des images étaient projetées sur scène. Ou encore le sketch, très drôle, en hommage aux costumes, porté par deux illustres visages de la Comédie-Française — Marina Hands et Pauline Clément (en interview dans le numéro 39 de janvier février mars 2026). Séquence hilarante également pour évoquer l’art du montage : on a ainsi fait croire à l’"enlèvement” de Manu Payet (en cover du numéro 22), en plein spectacle au Théâtre Édouard VII, pour le faire réapparaître sur la scène de l’Olympia, où se tenait la cérémonie.
Comme de coutume, la soirée a été ponctuée de messages militants et politiques. Camille Cottin, vêtue d’une sublime robe couture Dior, a chaussé une paire d’aviateur — clin d’œil à Top Gun — pour rappeler que « l’art est fragile » et qu’il mérite d’être « protégé », évoquant notre système d’exception culturelle, garant d’une production cinématographique foisonnante en France. Pierre Lottin (à lire dans nos archives, interview dans le numéro 13), lauréat d’un prix, arborait un badge de soutien au peuple iranien, durement réprimé en janvier dernier. Et Isabelle Adjani, à la diction toujours impeccable, a invité « tous les hommes » de la salle à se lever : tous ceux qui soutiennent les femmes afghanes et iraniennes, entre autres, dans leur combat.
Isabelle Adjani, à la diction toujours impeccable, a invité « tous les hommes » de la salle à se lever : tous ceux qui soutiennent les femmes afghanes et iraniennes, entre autres, dans leur combat.
Hélas, il fallait bien une scène plus crispante pour le téléspectateur. Celle qui a succédé à la séquence — pourtant émouvante et belle — consacrée au septième art et à l’actrice que fut Brigitte Bardot, et quelle actrice ! Si une personne a scandé « raciste », d’autres ont cru bon de huer l’hommage rendu à celle qui fut, en son temps, l’une des plus belles femmes du monde. Une chose est certaine : malgré les bonnes intentions des uns, d’autres, souvent confortablement installés dans leur fauteuil de velours rouge, viennent toujours jouer les trouble-fêtes. Des rebellocrates qui ne savent être que les rabat-joie de l’instant présent, sans autre perspective que celle de tout gâcher.
Mais soyons francs : la soirée fut belle. Belle comme le cinéma. Et comme BB.



