Le refus de Mazarine Pingeot de participer à un événement culturel — organisé de longue date, de surcroît — au motif d’un changement de majorité municipale, agace.
La commune de La Flèche est en effet passée, dimanche dernier, sous gouvernance du Rassemblement national, ce qui a déplu autant à certains électeurs qu’à des… artistes ou intellectuels. Soyons clairs : qu’un intellectuel défende ses convictions ne pose aucun problème, c’est même légitime ; qu’il boycotte un territoire et, par ricochet, ses habitants, dérange. Une question se pose : la culture n’est-elle pas, au contraire, le lien de la transmission, de l’échange sain et raffiné, du débat, si cher à la vie des démocraties ?
Mazarine Pingeot déclare qu’avec « ses équipes », la décision d’annuler sa présence a semblé logique. Soit. Mais disons-le aussi franchement : en se retirant, la sanction directe est infligée aux habitants de la commune, notamment à ceux qui n’ont pas voté pour cette majorité. Et quand bien même pour ceux qui ont glissé un bulletin de vote qui déplaît : qui sont donc ces personnes qui refusent le résultat des urnes ?
Mais disons-le aussi franchement : en se retirant, la sanction directe est infligée aux habitants de la commune, notamment à ceux qui n’ont pas voté pour cette majorité. Et quand bien même pour ceux qui ont glissé un bulletin de vote qui déplaît : qui sont donc ces personnes qui refusent le résultat des urnes ?
En confondant tout, les intellectuels deviennent les meilleurs représentants de ce qu’ils pensent combattre. À trop vouloir s’afficher du « bon côté », le risque est réel de déserter durablement le terrain culturel, qui a pourtant besoin de toutes les forces vives pour faire vivre l’esprit républicain. Tel est ce que l’on attend d’une figure dite intellectuelle : ni une rébellion enfantine, ni une posture précieuse et faussement sincère, qui, en plus de nuire au monde intellectuel dans son ensemble, dessert le but premier d’une démocratie : faire naître la contradiction, et plus largement, la réflexion.
Mazarine Pingeot n’est pas la première. Et, hélas, ne sera pas la dernière. Les intellectuels se trompent aussi.
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